Interview d’Inna Modja

Interview d'Inna Modja

Vous avez été bercé tout l’été par la douce voix de la ravissante Inna Modja et son French Cancan, Mr Sainte Nitouche. Les Kopines ont rencontré cet auteur-compositeur originaire du Mali …

C’est une Inna Modja souriante à la voix de velours que nous rencontrons dans les locaux de Warner Music. Inna est originaire du Mali mais a grandi au Ghana au sein d’une famille de sept enfants où la musique occupe une place très importante

En 2007, cinq titres maquettés sur une démo incitent la maison de disque Warner à signer la jeune chanteuse avant que l’album Every Day is a new World sorte fin 2009. Peu de temps après, Inna Modja rencontre Alexandre Azaria et de leur collaboration naît Love Revolution, le deuxième album de la chanteuse dont le titre French Cancan, Mr Sainte Nitouche inonde les radios l’été 2011.

Interview Inna Modja : elle nous raconte …

Ton nom Modja signifie « petite peste » en peul. Il parait que tu étais une enfant agitée et débordante d’énergie à tel point que tes parents t’inscrivaient à plein d’activités. Qu’est-ce qui t’a orienté vers la chanson finalement ?

Inna Modja : On écoutait beaucoup de musique chez moi et très tôt j’ai eu envie d’en faire mon métier, contrairement à mes frères et soeurs. C’est à l’âge de 14 ans que j’ai commencé à écrire et à composer mes premières chansons. Et au fur et à mesure, je me suis dit que j’avais vraiment envie d’en vivre. Mais comme j’ai appris toute seule, il m’a fallu un peu de temps pour me former.

Mais comment tu t’es formée alors ? Tu as appris le solfège ?

Inna Modja : Je ne connais toujours pas le solfège ! (rires). D’ailleurs, les réalisateurs de chacun de mes albums sont aussi autodidactes et je pense qu’on travaille avant tout à l’oreille et à l’instinct. Même chose pour la chanson, j’ai d’abord chanté toute seule et puis j’ai pris des cours il y a 3 ans pour éviter de me casser la voix.

Comment a réagi ta famille à ton désir de devenir artiste ?

Inna Modja : En fait, tout le monde m’a toujours soutenue sauf mes parents qui prenaient ça pour une lubie d’ado. Ils m’ont d’abord poussée à passer mon bac puis à faire des études. Et puis, de toute façon, je ne me sentais pas prête à me lancer dans la musique car j’avais encore besoin d’apprendre. Donc j’ai suivi leurs conseils. J’ai fait des études de Lettres et de Langues ainsi qu’une Ecole de Commerce et en parallèle, j’ai travaillé pendant 8 ans comme mannequin.

Et puis un jour, j’en eu assez. Je me suis dit qu’il fallait arrêter de se trouver des excuses et qu’il fallait se lancer !

Est-ce que ta carrière de mannequin t’a aidé à percer dans l’univers de la musique ? Peut-être sous forme de rencontres ?

Inna Modja : Pas du tout. Pour moi, ce sont deux mondes complémentaires et en même temps, qui n’ont rien à voir. Et puis si tu arrives comme mannequin en disant « je veux faire de la musique », personne te prend au sérieux ! Il faut avant tout faire ses preuves et quand tu es auteur-compositeur, tu n’as pas envie de mélanger.

Comment as-tu réussi à percer dans le monde de la musique où les places sont si peu nombreuses ?

Inna Modja : J’ai travaillé. Honnêtement je pense qu’en bossant beaucoup et en faisant la musique que tu aimes, c’est possible. Aujour’d’hui, le monde de la musique est tellement vaste et avec les télécrochets et internet, je crois que les gens cherchent quelqu’un d’un peu différent, qui a son propre univers. C’est vraiment important d’avoir son univers !

En fait, tu te laisses peu influencer par la mode et tu fais avant tout ce qui te plaît ?

Inna Modja : Ah oui complètement ! Je fais ce métier avant tout pour me faire plaisir, pour être une artiste et en vivre ! Pas pour une être une star ! D’ailleurs, je ne laisse pas de place aux gens. Je travaille avec une seule personne en général et je ne laisse pas les autres interagir. Alors bien sûr, on fait écouter à nos proches pour avoir leur avis mais ça s’arrête là.

Comment te vient l’inspiration ? Quel est le moment le plus propice à l’écriture ?

Inna Modja : En fait, je me suis retrouvée plusieurs fois à écrire en pleine nuit car c’est un moment où je suis seule et tranquille. Mon mec dort, le téléphone ne sonne pas et j’ai du temps pour moi. C’est donc idéal pour faire venir l’inspiration et puis j’aime bien écrire dans mon lit ou confortablement installée chez moi …

Comment décrirais-tu ton style musical ?

Inna Modja : Je crois que la base de ma musique, c’est la pop. Sur le premier album, j’avais beaucoup d’influence folk et sur le deuxième, j’avais envie d’une ambiance un peu plus soul.

Dans ton deuxième album, Love Revolution, tu as intégré des chansons en français ? Pourquoi ce choix ?

Inna Modja : Au départ, j’avais envie d’écrire en anglais car c’est la langue avec laquelle j’ai grandi. Et puis, j’ai pensé à écrire en français mais j’avais peur et je me mettais beaucoup de pression. Un jour, au milieu de la nuit, je me suis réveillée. J’ai pris mon ordi et j’avais cette mélodie dans la tête : « coco choco chanel » et puis c’est sorti tout seul et j’ai écrit French Cancan. Le lendemain, quand je l’ai fait écouter à Alex, il a commencé à poser des accords et là on s’est rendu compte qu’on tenait quelque chose. Il y a des chansons comme ça qui sortent et qui t’échappent.

Inna Modja

Pour finir, peux-tu nous parler de tes futurs projets ?

Inna Modja : Je repars en tournée à la fin de la semaine et puis je vais commencer la promotion de l’album au Canada ou la chanson French Cancan a eu beaucoup de succès. Et puis bien sûr, je continue à écrire des chansons car j’en ai besoin, ça m’aide à m’évader … Je verrai ce que ça donne. Si j’en fais un troisième album ou une réédition…

Merci Inna !

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